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Jeunes du Moungo : un retour vers la terre?

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Jeunes du Moungo : un retour vers la terre?

Jeunes du Moungo : un retour vers la terre?

Dans le département du Moungo, qui compte 13 arrondissements — dont Nkongsamba, Mbanga, Loum, Njombé-Penja, Manjo ou encore Baré-Bakem — un phénomène discret prend de l’ampleur : le retour progressif de jeunes vers les activités agricoles.

Selon des estimations issues d’acteurs locaux (coopératives et encadreurs agricoles), près de 2 à 3 jeunes sur 10 ayant quitté les grandes villes au cours des deux dernières années envisagent aujourd’hui une activité agricole, au moins à temps partiel. Un mouvement encore minoritaire, mais en nette progression.

Plusieurs facteurs expliquent cette tendance. Le premier reste le coût de la vie en zone urbaine, notamment à Douala, où les dépenses mensuelles peuvent facilement dépasser 150 000 à 250 000 FCFA pour un jeune sans emploi stable. À l’inverse, une activité agricole de base (maraîchage ou plantain) peut générer, selon les saisons, des revenus mensuels compris entre 50 000 et 120 000 FCFA, avec un investissement initial relativement limité.

Le Moungo dispose en effet d’un avantage structurel : des terres fertiles et diversifiées, favorables à plusieurs cultures. Le cacao, le plantain, le maïs, le poivre de Penja ou encore les cultures maraîchères constituent autant de filières accessibles. Dans certaines localités comme Mbanga ou Manjo, des groupes de jeunes s’organisent déjà en associations informelles pour mutualiser les coûts (intrants, transport, location de terres).

Cependant, cette dynamique reste fragile. L’accès au financement demeure limité : moins de 20 % des jeunes agriculteurs interrogés déclarent avoir bénéficié d’un crédit ou d’un appui structuré. À cela s’ajoutent des contraintes bien connues : routes rurales dégradées, manque d’équipements, difficultés d’écoulement vers les marchés urbains.

Malgré ces obstacles, le retour de certains jeunes vers la terre traduit une évolution des mentalités. L’agriculture n’est plus seulement perçue comme une activité de subsistance, mais comme une alternative économique viable, surtout dans un contexte de chômage urbain persistant.

À condition d’un meilleur accompagnement — formation, accès au crédit, structuration des filières — ce mouvement pourrait devenir, à moyen terme, un levier réel de développement pour l’ensemble du département.

Moungo : repères économiques et agricoles

  • 13 arrondissements dans le département
  • Plus de 70 % des activités économiques liées directement ou indirectement à l’agriculture
  • Cultures dominantes : cacao, plantain, maïs, maraîchage, poivre de Penja
  • 2 à 3 jeunes sur 10 revenus des villes envisagent une activité agricole
  • Revenus agricoles estimés :
    👉 50 000 à 120 000 FCFA / mois (selon saison et culture)
  • Coût de vie en ville (Douala) :
    👉 150 000 à 250 000 FCFA / mois (sans stabilité d’emploi)
  • Moins de 20 % des jeunes agriculteurs ont accès à un financement formel
  • Principaux obstacles :
    ❌ accès au crédit
    ❌ routes rurales
    ❌ écoulement des produits

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