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Nkongsamba, Loum, Manjo, Njombe-Penja : la culture cherche encore sa scène

Culture

Nkongsamba, Loum, Manjo, Njombe-Penja : la culture cherche encore sa scène

Le département ne dispose pas d’un centre culturel moderne de référence. Les festivals réguliers sont rares. Les événements culturels sont souvent ponctuels et dépendants d’initiatives individuelles.

Un samedi soir à Nkongsamba, dans une salle polyvalente prêtée par un établissement scolaire, une vingtaine de jeunes se relaient au micro. Pas de projecteurs professionnels, pas de sonorisation sophistiquée. Juste deux enceintes, un ordinateur portable et un public composé d’amis, de curieux et de quelques parents.

C’est là que se joue une partie de la vie culturelle du Moungo.

Le slam comme espace de parole

Depuis trois ans, plusieurs collectifs informels de jeunes se réunissent pour des soirées slam et poésie urbaine. À Loum, ces rencontres se tiennent parfois dans des bars ou des espaces privés. À Nkongsamba, elles sont organisées dans des salles prêtées ou dans des cours d’école.

Les textes parlent de chômage, de pression familiale, de migration, mais aussi de fierté locale.
La scène est modeste, mais l’engagement est réel.

Un jeune slameur explique :
« On n’a pas beaucoup d’espaces. Mais on a des choses à dire. »

Musique : produire sans studio

La plupart des artistes du département enregistrent à Douala, faute de studios professionnels sur place. Quelques initiatives privées existent, souvent installées dans des domiciles, avec du matériel semi-professionnel.

Résultat : le talent existe, mais la structuration manque.

Le Moungo produit des chanteurs gospel, des artistes afro-urbains, des groupes de chorales religieuses très dynamiques — mais peu arrivent à franchir le cap régional.

Une absence d’infrastructures culturelles

Le département ne dispose pas d’un centre culturel moderne de référence. Les festivals réguliers sont rares. Les événements culturels sont souvent ponctuels et dépendants d’initiatives individuelles.

Contrairement à Douala ou Yaoundé, la culture dans le Moungo repose largement sur :

  • les églises

  • les établissements scolaires

  • les initiatives privées

  • les fêtes traditionnelles

Il n’y a pas encore d’écosystème structuré.

Le numérique comme alternative

Faute de scènes physiques, beaucoup de jeunes passent par le numérique :

  • diffusion de clips sur Facebook

  • sketches humoristiques sur TikTok

  • mini-séries locales sur YouTube

Le téléphone portable est devenu le premier outil culturel.

Mais la monétisation reste quasi inexistante. La visibilité dépasse rarement le cercle local.

Identité culturelle et traditions

En parallèle, les chefferies et fêtes traditionnelles continuent de structurer la vie culturelle dans certaines communes. Les cérémonies coutumières, danses patrimoniales et rassemblements communautaires restent des moments forts.

Le défi est clair :
comment faire dialoguer culture moderne et héritage traditionnel ?

Le vrai problème : l’absence de politique culturelle locale

Au-delà des talents, la question est politique.

  • Existe-t-il un budget communal dédié à la culture ?

  • Y a-t-il un plan départemental de développement culturel ?

  • Les artistes locaux bénéficient-ils d’un accompagnement structuré ?

Pour l’instant, la réponse est souvent floue.

Et pourtant, la culture est un levier économique potentiel : événementiel, tourisme, industries créatives.


Le Moungo n’est pas dépourvu de créativité.
Il manque surtout d’organisation, de financement et de visibilité.

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