Cette unité industrielle est dédiée au broyage et à la transformation des fèves de cacao. Elle ambitionne de participer à l’augmentation de la part de transformation locale, un objectif stratégique inscrit dans la politique nationale de montée en gamme des filières agricoles.
Un tournant pour une économie longtemps extractive
Le Moungo est historiquement une zone agricole stratégique : banane, palmier à huile, hévéa, cacao. Pourtant, une grande partie de la production locale est exportée sous forme brute, avec une faible valeur ajoutée captée sur le territoire.
L’implantation d’une unité de transformation industrielle à Baré-Bakem pourrait modifier cet équilibre.
En transformant localement les fèves de cacao en pâte, beurre ou poudre, l’usine permettrait :
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La création d’emplois directs et indirects
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Une dynamisation des chaînes logistiques locales
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Une meilleure structuration des coopératives agricoles
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Une augmentation potentielle des revenus des producteurs
Impact sur l’emploi local
Si les projections officielles restent prudentes, une usine de transformation de cette nature peut générer plusieurs dizaines d’emplois directs à court terme, et davantage à moyen terme avec l’extension des capacités.
Dans un département où la jeunesse constitue une part importante de la population active, la question de l’emploi est centrale. L’industrialisation locale devient ainsi un enjeu politique autant qu’économique.
Les autorités locales y voient un signal encourageant pour l’attractivité du territoire.
Baré-Bakem, nouveau pôle industriel ?
Longtemps perçue comme une commune essentiellement agricole, Baré-Bakem pourrait amorcer une mutation.
L’installation d’une unité industrielle nécessite :
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Amélioration des infrastructures routières
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Stabilisation de l’énergie électrique
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Sécurisation foncière
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Développement de services annexes
Autant de chantiers qui pourraient bénéficier à l’ensemble du département.
Enjeux électoraux en toile de fond
À quelques encablures des échéances municipales et législatives, cette dynamique économique ne passe pas inaperçue.
Pour les élus sortants, elle constitue un argument de bilan : capacité à attirer des investissements structurants.
Pour l’opposition et les formations émergentes, la question reste celle de l’impact réel :
Combien d’emplois locaux ?
Quel niveau de contractualisation avec les producteurs du Moungo ?
Quelles retombées fiscales pour les communes ?
Défi : transformer l’annonce en réalité durable
La pose de la première pierre marque une étape symbolique. Mais l’enjeu réside dans la concrétisation effective du projet : respect des délais, démarrage opérationnel, intégration locale.
Le Moungo a déjà connu des annonces industrielles restées inachevées. La crédibilité du projet Samen Industry S.A dépendra de sa capacité à entrer rapidement en phase productive.
L’installation de cette usine à Baré-Bakem représente un signal économique important pour le Moungo.
Si le projet aboutit pleinement, il pourrait amorcer un repositionnement du département dans la chaîne de valeur agricole nationale.
Au-delà du symbole, les habitants attendent des résultats mesurables : emplois, revenus, développement local.
L’économie du Moungo entre peut-être dans une nouvelle phase.
Reste à transformer la promesse industrielle en réalité tangible.
Le cacao dans le Moungo en 5 chiffres
- 5 000 à 8 000 tonnes/an (estimation bassin Moungo)
Le département figure parmi les zones productrices importantes du Littoral, dont la production régionale annuelle dépasse 40 000 tonnes. Le Moungo représente une part significative de ce volume.
2. 3 000 à 5 000 producteurs actifs
Majoritairement des exploitations familiales réparties notamment à Baré-Bakem, Melong, Loum et Njombé-Penja.
3. 80 à 90 % exporté brut
Comme dans l’ensemble du Cameroun, la grande majorité des fèves produites est vendue sans transformation locale.
4. 1 500 à 2 500 FCFA/kg (fourchette récente)
Le prix bord champ varie selon les campagnes et les cours internationaux, avec une forte sensibilité aux fluctuations mondiales.
5. 0 % de transformation industrielle locale structurée (jusqu’à 2026)
Avant le projet d’usine annoncé à Baré-Bakem, le Moungo ne disposait pas d’unité industrielle majeure de broyage à l’échelle départementale.